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[Série Ottolenghi] Comment je suis devenue végétarienne à mi-temps, partie 4/4 : une conclusion, ou comment la dite végétarienne à mi-temps a voulu se reconvertir dans la charcuterie

Une conclusion à la série sur Ottolenghi, ou comment j'ai voulu me reconvertir dans la charcuterie

Marjorie Nguyen
Marjorie Nguyen
8 min de lecture
pâté de campagne maison

Table des matières

Cet article est la dernière partie de ma série consacrée à Ottolenghi. Pour lire les autres parties : partie 1, partie 2, et partie 3.



Alors, comment une végétarienne à mi-temps a voulu se reconvertir en charcuterie ?



C’est une question qu’on m’a beaucoup posée 😅

Une des conséquences de manger beaucoup moins de viande… C’est que j’aime encore plus en cuisiner et en manger. Bon bah voilà, c’est ballot. J’ai lu plusieurs témoignages où des personnes s’en sont dégoûtés à force de ne plus en manger, et je comprends le phénomène. Mais chez moi, c’est tout le contraire, plus je déguste du kimbap ou du taboulé libanais, plus je rêve de poulet frit façon soul food et de tartare de boeuf avec des frites. La viande en elle-même me manque beaucoup moins, mais à l’inverse, j’apprécie encore plus le goût et le travail derrière une multitude de plats carnés.

Si je me risque à une comparaison avec le cinéma, avoir découvert la cuisine d’Ottolenghi et plus généralement certains plats végétariens, c’est comme lorsque j’ai découvert le cinéma coréen. Manger et cuisiner pour la première fois une mejadara ou un plat de légumes avec de l’halloumi grillé, c’était comme voir pour la première fois tout ce que certains cinéastes coréens pouvaient mettre derrière le mot polar ou épouvante. Quelle claque !!

Mais si on me demandait de ne plus regarder que du cinéma coréen, et d’oublier tous les Ken Loach, les Wong-Kar Wai, et les comédies musicales américaines qui ont fait chanter mon adolescence, en sachant pertinemment qu’ils existent et la joie singulière qu’ils me procurent, ce serait assez compliqué. Eh bien, c’est pareil avec la bouffe.



Mais surtout, en même temps que je me suis efforcée de manger beaucoup moins de viande, je me suis également demandé comment en manger mieux. A ne pas confondre avec le discours fallacieux des lobbys de la viande, qui insistent sur le mieux en oblitérant le moins 🤷‍♀️

C’est ainsi que je me suis intéressée aux petits producteurs et à l’élevage paysan, à leur manière de travailler et à leur relation aux animaux et à l’environnement. Mon côté commerçant s’est également pris de curiosité pour les néo-boucher(e)s. A l’époque, j’étais encore à la tête de mon entreprise de livres, mais j’ai gardé l’idée dans un coin de ma tête, en me disant que peut-être un jour je pourrai faire quelque chose autour de ce sujet.



Quelques années plus tard, de circonstances à d’autres, j’ai aussi eu envie de changer radicalement de métier et de milieu, de voir ce que ça faisait que de travailler avec ses mains. L’idée de la viande m’est revenue, j’ai commencé à faire quelques recherches, et la charcuterie s’est imposée petit à petit.

Mon projet de charcuterie ? Bah ce n’est pas une charcuterie d’inspiration asiatique, même pas un atelier de production de chorizo ou de fricadelle, même si ça aurait été assez original d’ouvrir une friterie du Nord en étant Seine-et-Marnaise d’origine 😅 C’était de pouvoir, un jour peut-être après plusieurs années à acquérir de l’expérience, ouvrir une charcuterie-traiteur avec une viande issue d’élevages responsables, et une offre qui ferait la part belle à des spécialités végétariennes ou low-meat.

Je ne sais pas si ce serait rentable, s’il y aurait un public pour. Je sais encore moins si je serai capable de le faire un jour, si j’en aurais les compétences techniques. Le sujet “suis-je fait(e) pour les métiers manuels et le milieu de la charcuterie ?” mériterait une newsletter entière 😅

Mais l’idée est là, je continue de me former et ma foi, on verra bien ce que l’avenir nous dira. Si j’y arrive, tant mieux, si j’y arrive pas, tant pis, j’aurais toujours appris à faire des saucisses entre temps 😄

aubergine brûlée
L’aubergine brûlée, la fameuse


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Pourquoi j’ai voulu raconter tout ça ?



Comme je le suggérais en introduction début mars, parce que je voulais trouver un angle particulier pour parler d’Ottolenghi, et ne pas être la 4589e chronique à dire en substance que Jérusalem, c’est trop bien comme bouquin, et longue vie à l’aubergine brûlée. Il fallait bien que j’aille un peu plus loin pour que vous ayez envie de lire mes longues newsletters 😅

Mais j’ai aussi voulu partager mon cheminement pour peut-être rassurer, déculpabiliser un peu et encourager les autres personnes qui, comme moi, ont voulu consommer moins de viande après en avoir beaucoup mangé toute leur vie, et ont trouvé ça difficile pour x raison.

J’ai évidemment de l’admiration pour mes ami(e)s végétarien(ne)s ou qui ne mangent plus de la viande qu’une ou deux fois par mois, notamment celles et ceux qui ont fait ce choix lorsque c’était moins socialement accepté.

Mais j’en ai particulièrement pour celles et ceux pour qui les sushis et les burgers restent quelque chose qu’ils ou elles adorent manger, à qui ça manque et pour qui le régime végétarien n’est pas exempt de sacrifice.



Si je fais le parallèle avec un autre choix de consommation raisonnée, lorsque j’ai arrêté d’acheter des vêtements issus de la fast fashion à la suite de l’effondrement du Rana Plaza, ça a été… Bah très facile. Déjà, parce que c’était un sujet auquel j’étais plus sensible qu’à d’autres, mais aussi parce que ma tenue vestimentaire n’était pas une passion en soi, et qu’en plus, j’avais déjà une appétence pour les petites marques indépendantes. Bref, faire une croix sur cette jolie robe en soldes ne me demandait virtuellement aucun effort. Ca doit faire bientôt dix ans que j’achète peu de vêtements (entre 0 et 2 par an) et je m’en porte très bien.

Mais cette démarche serait évidemment bien plus difficile pour ma pote qui a une vraie passion pour la mode, exprime la personne qu’elle est à travers ses tenues, et c’est bien compréhensible.



Tout ça pour dire qu’il y aura toujours des gens qui seront plus avancés que moi sur certains engagements, sans doute parce qu’ils ont plus de courage et de volonté, parce qu’ils sont portés par des convictions plus fortes que les miennes, peut-être aussi parce que le sacrifice a été moins difficile comme j’ai pu le vivre sur d’autres sujets.

Et il y aura aussi toujours des gens qui auront vite fait de vous juger, et qui vous diront que vous ne faites pas assez sans considérer l’image d’ensemble.

Est-ce cela doit être source de découragement ? Certainement pas. Même si pour d’autres ce serait dérisoire, je suis déjà contente du chemin parcouru, et reste curieuse du chemin encore à parcourir.

Et peut-être un jour, serai-je une végétarienne à 9/10e du temps qui promouvra au quotidien l’élevage et la consommation de viande responsables dans sa petite boutique ? Seul un avenir bordé de sumac et de zaatar me le dira.



Et voilà, fin de cette longue série en 4 épisodes !

J’espère que ce format un peu différent vous aura plu. En tout cas, j’ai été heureuse de partager tout cela avec vous, et comme pour tous les autres livres que j’ai chroniqués, j’espère que ça vous aura envie d’essayer les recettes de Yotam Ottolenghi et Sami Tamimi.

Encore plus de newsletters sur le sujet !

Je suis loin d’avoir épuisé le sujet de l’alimentation végétarienne ! J’étais en train de vous concocter mon top 10 de plats végés et low meat préférés pour parachever en beauté cette série, mais je me suis dit que ce serait un peu brut de décoffrage quand je me suis rendue compte que ça faisait 3 fois que j’écrivais la phrase “c’est facile à faire, mais…” 😄 (“mais il faut avoir fait une excursion dans une épicerie moyen-orientale avant, mais il faut avoir acheté les 5 pots de sauces nécessaires chez Tang Frères avant…”). Donc je pense que je vous ferai d’abord un article sur mes 10 (ou plus, pour le coup) ingrédients indispensables, et après je vous ferai l’article sur les plats végés/low meat :-)

D’ici là, amusez-vous bien en cuisine, et à dans deux semaines pour une newsletter sur… Ce qu’on peut manger lorsqu’on a 5 minutes pour petit-déjeuner sur un quai de RER B 🤪

Des bises !

Marjorie



Des Pages en Cuisine fête ses 6 mois… J’ai besoin de votre avis pour la suite !


Eh oui, ça fait déjà 6 mois que je vous écris 2 fois par mois (ou plus) 🥳 Je vous remercie encore une fois de votre lecture et de vos retours aussi gentils qu’encourageants :-)

J’ai pas mal d’idées de développement pour la suite - je suis notamment en train de monter un site pour avoir plus de liberté de mise en page que sur Substack.

Mais j’aimerais profiter de cette étape symbolique pour vous demander votre avis : qu’est-ce que vous aimez le plus et le moins dans la newsletter, quels formats ou thématiques aimeriez-vous me voir traiter ?

E un mot : qu’est-ce qui vous donne envie d’ouvrir ma newsletter et de la lire jusqu’au bout ?

Votre retour me sera très précieux pour améliorer la newsletter et faire en sorte que vous ayez autant de plaisir à la lire que moi à l’écrire :-)

Comment ? Vous pouvez soit répondre via ce formulaire (3 questions seulement !) si vous souhaitez rester anonyme. Sinon, vous pouvez me laisser un commentaire, répondre à cette newsletter par email, ou m’envoyer un DM sur Insta. Et j’ai envie de vous dire… Si vous habitez sur la région parisienne, on peut même prendre un café, il suffit de m’écrire !



Encore mille mercis pour votre feedback que j’ai hâte de lire ! Et ne soyez pas timide si vous avez des critiques (j’attends de voir combien de personnes me diront que les newsletters sont trop longues 😅), c’est autant avec les remarques négatives que positives qu’on avance !


Hophophop, avant de partir ! Si vous êtes sur les réseaux, n'hésitez pas à me suivre sur Instagram pour moult photos de plats et un aperçu des coulisses ;-)

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Marjorie Nguyen

La journée, je fais des pâtés. La nuit, j'écris.